Expédition Céphalonie / Kéfalonia 2011- 2013

Bandes annonces 2011 et 2012 de l’Expédition spéléologique Franco-Grecque sur l’ile de Céphalonie

       

Mise à jour : le 14/10/14


Page réalisée : T.Lamarque

Article : B.Arfib

Photos : L.Rossi, P.Milési, B.Arfib, J.Jouves, M.Vonatsou, X.Georgopoulo

Vidéos : T.Lamarque, L.Rossi, P.Milési, B.Arfib, J.Jouves,

Panoramique : P.Milési

Topographies : Société Suisse de Spéléologie

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Expédition avril 2011 : premier volet


    Tout à commencé en 2011, où nous étions en vacance, en famille, sur l’ile de Kéfalonia, c’est en Grèce. Nous sommes installés à Sami, dans un chouette camping, en bord de mer.


















    Mais nous ne sommes pas là que pour le plaisir d'être en famille, notre aventure est avant tout scientifique car il y a pleins de sources d’eau saumâtre qui sortent dans la mer et tout autour de nous c’est bourré de massif calcaire.


    Bruno, Denis, Pierrot et moi sommes spéléo, Bruno étant le scientifique de l’équipe et l’initiateur de cette expédition.


    En fait, Il est intrigué par le phénomène hydrogéologique des katavothrès. Sur la pointe nord de la péninsule d’Argostoli, se trouvent les katavothrès. Comme leurs noms l’indiquent, en grec, ce sont des trous qui engloutissent.... L’eau de mer pénètre sous terre par des petites fissures et, ce qui est remarquable, c’est que les points d’entrées sont sous le niveau de la mer.
























    Pour résumé et en finir avec cette bizarrerie, il y a de l’eau de mer qui rentre dans les terres, par des pertes qu’on appelle les katavothrès, qui traverse l’ile de part en part, et qui ressort dans la baie de Sami, principale zone des sources d’eau saumâtre.


    Toutes les sources de la baie entre Sami et Aghia Effimia, sont saumâtres et se trouvent soit au niveau de la mer, soit en dessous, sur la trentaine recensée, 3 sources dépasseraient les 100 l/s. Comment je sais tout ça ? parce qu’il y a eu des études qui l’ont démontré, mais on y reviendra plus tard lorsqu’on abordera le deuxième volet. Bref, ce phénomène est unique, les explications scientifiques sont nombreuses et Bruno veut faire la sienne. 


    Donc, à temps perdu, nous sillonnons l'île à la recherche de cavités. Mais au bout d'une semaine, nous n'avons rien trouvé. Pourtant, la région a du potentiel, avec quelques cavités de taille, comme les grottes touristiques de Drogarati, (simple galerie d’une dizaine de mètres, très concrétionnée qui débouche sur une vaste salle), bien moins originale que Mélissani, un véritable cénote avec un puits naturel d’une vingtaine de mètre de profondeur.  

























    Une autre cavité de taille et bien connu des habitants de l’ile, le gouffre d’Angalaki. Il se situe dans la plaine agricole de Sami à 3 km de la mer et s’ouvre à une altitude de 54 m. l’ouverture circulaire d’Angalaki mesure une vingtaine de mètres, on atteint une vaste salle d’effondrement en forme de cloche,, plus bas se trouve un lac immense avec en son milieu un radeau artisanal sur lequel se trouve une ancienne pompe.






















    Nous avons tenté d’approcher les quelques sources sous-marine en bord de mer, mais, elles semblent impénétrables, équipé, nous nous rabattons sur Karavomilos, principale source en lien avec les katavothrès. Son exploration se solde par un échec, la voûte plonge rapidement, et continue sous forme d’un large siphon.


     Bilan, nous avons la nette impression  que les explorations sur cette ile ne sont que pour les plongeurs. 


    La chance va finalement jouer en notre faveur, mais comme d’hab çà se passe la veille de notre départ... nous allons découvrir que les plus gros vides karstiques connus, se trouvent ici, entre les sources saumâtres de la baie de Sami, et quelques kilomètres, un peu plus haut dans les terres.


    Nous rencontrons le maire de Sami qui nous invite à la mairie et nous montre d'anciens projets de valorisation du patrimoine karstique de sa région,  puis nous partons faire un tour dans son 4x4 ou nous découvrons alors, une série de trois  gouffres d'effondrement gigantesques :


        Agia Eleoussa profond d'au moins 50 mètres se poursuivant plus bas sur un gros cône d'éboulis  

        Agios Theodorous tout aussi profond mais avec un plan d'eau magnifique en son fond,

        et enfin Hiridoni qui descend en pente douce s’ouvrant à la faveur d’une énorme faille verticale.


    Cerise sur le gâteau, Manolis nous montre un dernier cénote, il se situe juste à côté de la source de Karavomilos on y accède par un petit sentier défendu par des oies sauvages, il se nomme Zervati.























    Hyper motivé nous prenons déjà rendez vous pour un prochain voyage d’étude, Revenir vite ! pour explorer et étudier tous ces cénotes, c’est la fin de notre première expédition.

Expédition octobre 2011 : deuxième volet


    L'avant-goût donné par la première expédition va nous motiver pour en savoir plus.

    De retour en France, Bruno envoi une série de mail à ses confrères grecques, et les réponses ne tardent pas à venir.

    La bibliographie et les échanges avec les spéléos grecs montrent que l'île de Kéfalonia a déjà été largement prospectée.

    Les premières recherches spéléologiques débutent en 1951 par  la société spéléologique de Grèce, plus ou moins mené par la famille Petrochilos.


















       - En 1959  un inventaire exhaustif des cavités de l'île est réalisé, 74 au total, et sont localisés sur une carte. les cavités ont des formes et des dimensions varié : certaines ne sont que des baumes de quelques mètres, alors que d'autres sont de véritables gouffres ou grottes avec un développement conséquent.
























        - Dans les années 1970, les plongeurs-spéléos (grecs, anglais, italiens, français et suisses) se succèdent et découvrent  des galeries noyées, fortement concrétionnées, les plus importantes se trouvant dans la région de Sami.


    - Le rapport de 1990 de la société suisse de spéléologie relate et synthétise toutes ces expéditions, il est particulièrement bien documenté et les topographies très détaillés.























  



     De plus en plus motivé, nous calons des dates et invitons nos homologues grecques à partager notre aventure, nous collectons plusieurs réponses, une expédition franco-grecque se dessine.

    Voici donc le deuxième volet de l’histoire de l’ile aux cénotes avec comme objectif ..... Etudier et découvrir les cénotes de la région de Sami.

                                     Voici, la nouvelle équipe, Pierro, Johan, Bruno, Luc et Honoré. 























    Mais revenons sur les études réalisées montrant que l’eau qui se perd dans les katavothrès d’Argostoli qu’on appelle également les moulins de la mer, ressort dans la baie de Sami.

    A noter que 15 km séparent Argostoli de Sami,  à vol d'oiseau et d'un point de vue géologique, l'île est quasi-intégralement carbonatée (calcaires, marnes et dolomies).

    Cette bizarrerie  est décrite depuis plusieurs siècles et attire bon nombre de scientifique qui se doute d’une relation katavothrès - source d’eau saumâtre baie de Sami.


            - En 1957 l’américain dr Pane déverse 40 kg de fluorescéine et des petits bouts de bois colorés, aucun résultat.

              - En 1963, les autrichiens Viktor Maurin et  joseph Zoetl, après plusieurs années d’études sur les sources d’eau saumâtre de l’ile, réalisent un traçage artificiel, en fait ils ont tout simplement coloré l’eau avec 160 kg de fluorescéine et 15 jours après apparaissent les premières traces,  tout d’abord aux sources sous-marine entre Sami et agia Effimia, puis 2 jours plus tard sur les sources de Phridi , karavomilos et Mélissani lake.

        Dans la baie de Sami- aghia Effimia, l’ensemble des sources résurgentes sont colorées et ça s’étend sur 3 km de long.

   














































    Direction Karavomilos que nous instrumentons avec une sonde. Cette sonde mesure l’évolution au cours du temps de la conductivité électrique, la température et la hauteur d’eau.

    Nous sommes rejoint par 2 spéléologues grecques Xenia d’Athène et Maria de Samos, elles vont partager notre aventure tout au long de la semaine.

    Tout excité, nous suivons Xenia et Maria qui nous ramènent sur les 3 grands cénotes que nous avez montré Manolis en avril. Les gouffres d'agia éleoussa, d'hiridoni et d'Agios Theodorous. Nous les visitons.



        - Agia èleoussa, le fameux gouffre d'effondrement d'une cinquantaine de mètre dans sa plus petite hauteur. La surface du fond est environ 8 fois plus grande que la surface de l'entrée et l'éboulis central aboutit sur un grand lac et à son opposé sur un autre plan d'eau mais bien plus petit. 






















                - le puits de Sotira, la deuxième entrée du réseau Hiridoni-Sotira qui permet d'accéder a un énorme cône d'éboulis surplombant un petit lac. 



















        - San Théodore, un cénote de toute beauté avec son lac bleu turquoise.




























 

à suivre....

Topographie provenant du bulletin de la société Suisse de spéléologie rapport de 1990

Topographie provenant du bulletin de la société Suisse de spéléologie rapport de 1990

Topographie provenant du bulletin de la société Suisse de spéléologie rapport de 1990

Les films des expéditions en Céphalonie


        

Zervati

Agia Eléoussa

Agios Théodorous

Lac d’Angalaki

l’ouverture de Mélissani Lake

Katavothrès

Céphalonie

L’équipe d’octobre 2011